Plante pour domir : hein ? le cannabis ? Oui, les scientifiques s’accordent sur le fait que l’utilisation du cannabis favorise le sommeil lent profond. Mais les risques d’apparition de troubles plus importants à l’occasion d’un sevrage (toujours très difficile) existent aussi…

plante pour dormir

plante pour dormir

Attention, cet article n’est absolument pas une incitation à la consommation de cannabis pour vous endormir, je vous rappellerai les risques liés à l’usage de cette drogue tout au long de l’article.

Mais il se trouve que les recherches récentes sur la « marie-jeanne » semblent en faveur d’un effet positif de cette dernière sur le sommeil bien que le cannabis peut (tout comme l’alcool) s’avérer être un excitant.

 

Toutefois, n’oubliez jamais :

Un mauvais dormeur n’améliorera pas son sommeil s’il s’enferme dans la certitude d’avoir « besoin » d’un produit, d’une plante, ni même d’un bouquin ou de quoique ce soit pour dormir.

C’est le piège cognitif et comportemental de l’insomnie.

 

Dès lors qu’une dépendance « psychologique » conduit notre sommeil à être vulnérable, c’est que nous n’avons pas résolu nos problèmes d’insomnie.

Mais ces béquilles et ces rituels sont rassurants, donc il ne sert pas à grand chose de s’en priver tant que la dépendance ne devient pas pharmacologique.

 

Usage thérapeutique de cette plante

L’usage thérapeutique du cannabis remonte à la nuit des temps et s’est poursuivit jusqu’aux années 1930 avant d’être soumis à une interdiction progressive dans le cadre de la lutte internationale contre les toxicomanies.

De nos jours, des associations de malades (sida, sclérose en plaque, cancers, dystonie, parkinson…) militent pour l’utilisation du cannabis (hashish) ou de la marijuana (chanvre indien) à des fins thérapeutiques notamment comme aide au sommeil ou à l’appétit des malades.

La hollande, la Suisse, l’Allemagne, le Canada, et certains états anglo-saxons (comme l’Australie, la Californie) ont des législations qui autorisent déjà sa consommation dans des circonstances particulières.

 

Le Cannabis est-il vraiment une plante idéale pour dormir ?

L’impact du cannabis sur le sommeil reste encore controversé et mal connu.

On s’accorde à dire que son usage favorise le sommeil lent profond et réduit le sommeil paradoxal.

Des études sont en cours pour déterminer les risques d’apparition de troubles du sommeil à l’occasion d’un sevrage dont on sait à présent qu’il est difficile à obtenir.

 

Les recherches récentes semblent en faveur d’un effet positif du cannabis sur le sommeil mais, comme le montrent les expériences sur le rongeur, le produit peut tout autant, dans certaines circonstances, s’avérer excitant (tout comme l’alcool).

Les molécules du cannabis seraient mélatoninergiques ?

Il s’agit de molécules, encore en phase d’évaluation, qui possèdent la propriété de se fixer sur les récepteurs cérébraux à la mélatonine.

Outre leurs effets inducteurs de sommeil, ils semblent intéressants dans les états dépressifs et douloureux proches de la fatigue ou de la fibromyalgie. Il s’agit peut-être là d’une piste thérapeutique nouvelle susceptible, au moins sur le plan de la réflexion médicale, de réconcilier la médecine du sommeil avec la médecine générale.

Par contre, l’extrême nocivité de la fumée pour les voies respiratoires (bronchite, insuffisance respiratoire et cancer, risques cardiovasculaires) est très probablement bien supérieure a celle du tabac pur. Selon certaines études « À poids égal, le cannabis fumé fournit 50 % plus de goudron qu’une marque populaire de tabac fort ».

La technique d’inhalation du cannabis, le fait que la fumée de cannabis ne soit pas habituellement filtrée et les quantités plus grandes de benzopyrène et de benzanthracène (deux agents cancérigènes) contenues dans le goudron de cannabis expliquent pourquoi les fumeurs invétérés de cannabis risquent plus à la longue de souffrir de pharyngite, de rhinite, d’asthme, de bronchite, d’emphysème et de cancer de la gorge ou du poumon.

Un « pétard » peut théoriquement causer autant de problèmes pulmonaires que 4 à 10 cigarettes ordinaires.

Selon une étude de Nouvelle-Zélande, le pouvoir cancérigène du cannabis est très élevé et fumer un joint par jour (sans ajout de tabac) pendant 10 ans multiplie par 6 le risque de cancer bronchique.

Problèmes de société : vous êtes-vous déjà demandés pourquoi la législation française participe t-elle à la vente de papiers à rouler, manifestement de trop grande taille pour être destiné à la confection d’une cigarette normale. Rajoutons à cela que la banalisation du « joint » (à usage festif) est une importante porte d’entrée pour le tabagisme chez les jeunes.

 

Le cannabis est-t-il une meilleure plante pour dormir que la Valériane ?

 

Les 2 usages sont totalement différents.

Les effets ne la Valériane sur le sommeil dépassent à peine ceux de n’importe quel placebo. Si elle est prise avec la certitude que, avant d’aller vous coucher, « dans le cadre de votre rituel », elle va vous aider à vous endormir, la consommation de valériane est infiniment plus recommandable !

Le cannabis se rapproche plus des sensations que peuvent procurer un somnifère comme l’imovane par exemple. Du moins, c’est l’effet que j’ai ressenti les quelques fois que j’en ai consommé (jamais pour m’endormir, toujours à l’occasion de fêtes diverses).

Le cannabis a des « vertus » hypnotiques que n’a pas la valériane, évidemment.

 

Le cannabis à un usage phytothérapeutique ancestral qui n’est pas moins légitime que les anxiolytiques ou l’alcool.

Il est nocif pour la mémoire et les performances diurnes, tout comme les somnifères, les anxiolytiques et l’alcool, ni plus ni moins.

 

Par contre, la fumée est très nocive pour les voies respiratoires, les poumons, le coeur, tout ça, je pense que je ne vous apprends rien.

Enfin, autre nocivité du cannabis, c’est une nocivité « sociale » liée simplement au fait que sa consommation et/ou sa détention est illicite.

Même si, paradoxalement, sa consommation occasionnelle ne présente pas de risque particulier, du moins pas plus que la consommation occasionnelle d’anxiolytique ou d’alcool.

 

Cependant, comme toute drogue (l’alcool et les psychotropes des pharmacies en sont également), la tolérance au produit entraine souvent un usage plus régulier du produit qui peut conduire à un état de dépendance certain. À évitez donc.