J’ai longtemps pensé que si je n’avais pas mes 9 heures de sommeil, ma journée allait forcément être gâchée. En fait, on a souvent le sentiment qu’une mauvaise nuit est toujours synonyme d’une mauvaise journée.

 

L’un des secrets le mieux gardé des bons dormeurs est en fait quelque chose qu’eux-même ignorent complètement (ils le partageraient sinon, non mais) :

 

Les bons dormeurs se fichent de mal dormir ou de dormir peu !

 

Pendant que vous redoutez de vous réveiller fatigué avec la pénible sensation de ne pas avoir totalement récupéré, les bons dormeurs (à qui il arrive comme tout un chacun de passer des mauvaises nuits), eux, s’en fichent !

 

Alors comment font-ils ?

 

Vous vous êtes couché à 23 heures et il est 1 heure du matin. Vous n’avez toujours pas fermé l’oeil et le réveil est programmé pour vous réveiller à 7 heures. Vous vous dites :

Si je m’endors maintenant, ça me fera 6 heures de sommeil, c’est déjà ça.

Encore faudrait-il que vous vous endormiez maintenant… Il est 1h30, alors vous commencer à ruminer :

Pffff 5h30 de sommeil, bon ça pourrait aller mais il faut que je m’endorme avant 2 heures… Ça me fera 5 heures de sommeil en fait… Bon ça reste correct.

Et la suite, grosso modo, ça donne toujours quelque chose du genre :

Je dois être réveillé dans 4 heures, je dors toujours pas, demain je vais tout rater, pourquoi j’ai pas pris de somnifère ? je vais devenir cinglé ! comme si j’avais pas assez de soucis comme ça, et allez les éboueurs qui passent, ça y est ma nuit est gâchée b***.

Votre nuit est gâchée, je confirme. Mais vous auriez dû vous le dire bien avant !

Dès l’instant où vous vous êtes couché alors que vous n’aviez pas sommeil, vous auriez dû vous douter que ça allait être compliqué. Car le sommeil ne se décrète pas malheureusement !

On ne va pas au lit pour avoir sommeil mais parce qu’on a sommeil !

 

En fait, la nuit quand on est insomniaque, chaque minute que l’on passe en restant éveillé est vécue comme une minute de sommeil perdue. L’insomniaque place tous ses espoirs dans son sommeil pour passer une bonne journée alors que le bon dormeur n’en attend rien !

 

Ne cherchez pas le sommeil, c’est lui qui décide de vous trouver ou pas.

Le sommeil joue un rôle primordial dans la vie (sinon, je n’aurais pas créé ce blog) mais rien ne sert de l’invoquer ! Nietzsche (encore lui) disait que le sommeil était « le maître des vertus » mais qu’il fallait bien se garder de l’appeler ! Ça le fait fuir !

Les bons dormeurs n’ont pas tous lu Nietzsche mais ils appliquent tous cet adage sans forcément le connaître.

Quand un bon dormeur se rend compte qu’il ne dort toujours pas à l’heure habituelle, il se demande juste ce qu’il a d’intéressant à bouquiner. Il sait pertinemment qu’il est parti pour dormir moins qu’à l’accoutumé mais ça ne le perturbe pas outre-mesure !

Il sait que le réveil va être difficile mais il sait également que sa journée ne sera pas une calamité pour autant !

 

Car voilà ce qui différencie principalement le bon du « mauvais » dormeur :

 

Pour le mauvais dormeur, une mauvaise nuit est forcément synonyme d’une mauvaise journée alors que le bon dormeur a parfaitement intégré le fait que c’était loin d’être systématiquement le cas !

Les insomniaques ne conçoivent pas que leur sommeil ne puisse pas leur donner entière satisfaction contrairement aux bons dormeurs qui acceptent parfaitement les conséquences rationnelles du manque de sommeil sur une journée.

Pour un insomniaque, la sensation de repos au matin doit être parfaite ou la journée sera forcément pénible. Les insomniaques sont souvent des perfectionnistes du sommeil.

 

Maintenant, raisonnez différemment la nuit !

Je raisonnais toujours comme un mauvais dormeur jusqu’à ce que je me souvienne qu’il m’est souvent arrivé de passer de très bonnes journées malgré des nuits difficiles !

 

Par exemple, je me suis souvenu de journées durant lesquelles j’ai multiplié les fou rires bien que j’avais très peu dormi la veille.

Une nuit où j’avais du mal à trouver le sommeil (une nuit banale quoi), j’ai fait une courte liste des choses désagréables qui m’arrivaient souvent la journée lorsque je dormais mal et que je devais travailler :

  • renverser mon café sur mes fiches
  • prononcer un mot à la place d’un autre
  • louper une marche
  • faire la bise à Catherine alors que ce n’est pas Catherine (c’est qui ?)
  • me rendre à une réunion au 4ème étage alors qu’elle est au RDC comme d’hab
  • mettre du sel dans mon yaourt nature

Le tout les cernes aux yeux et les paupières lourdes.

Et je me suis dit, c’est désagréable… sauf lorsque ça provoque l’hilarité des collègues chambreurs 🙂 (Bon, ça demande un peu d’auto-dérision :))

Niveau performance au boulot, c’était le strict minimum mais ces journées ont-elles été maussades pour autant ? Clairement non.

 

Mais surtout , je me suis rappelé que j’ai rencontré ma chérie le lendemain d’une nuit épouvantable !

Est-ce que les problèmes de concentration et les gros coups de pompe de la journée liés au manque de sommeil empêchent de faire de superbes rencontres ?

 

Le simple fait de me remémorer ces journées heureuses bien qu’elles aient été précédées de nuits terribles me font très facilement relativiser quand les bras de Morphée tardent à arriver.

Ce schéma de pensée n’est pas une méthode coué ! Il s’agit bien d’une réalité face à des idées reçues acquises très tôt qui à elles seules constituent très souvent le point de départ d’un cercle vicieux où la crainte de passer une mauvaise nuit trouve sa justification dans la certitude que la journée du lendemain sera gâchée.

Votre nuit est gâchée, qu’à cela ne tienne ! Votre journée sera peut-être merveilleuse !

 

Et vous, qu’allez-vous faire cette nuit si vous ne dormez pas ? Quels souvenirs allez-vous vous remémorer ?

 

 

crédit photo : glh pictures