Vous cherchez le cachet idéal pour dormir. Vous n’en pouvez plus et vous êtes prêt à avaler n’importe quel drogue, n’importe quel somnifère, voire de l’alcool puisque l’on vous dit que c’est une bonne aide au sommeil.

LE cachet pour dormir : le SOMNIFÈRE

Malgré une recherche qui remonte aux origines de l’humanité, le somnifère idéal (capable de provoquer à la demande un sommeil profond et réparateur), n’existe pas. La consommation occasionnelle de somnifères est pourtant en augmentation constante. Ces molécules, parfois présentées comme « inoffensives » ont, au delà de leur effet addictif, un inconvénient majeur : elles nuisent à l’éveil !

cachets pour dormir

cachets pour dormir

Un somnifère ou de la drogue pour dormir ?

Alcool, Opium, Chanvre, Datura, etc. : certaines drogues possèdent des vertus sédatives bien connues. Les premiers témoignages de l’utilisation de l’opium comme somnifère remontent à 4000 ans avant Jésus Christ.

Comme pour les opiacés (sirops pour la toux dérivés d’opium) que l’on donnait parfois aux enfants au début du siècle dernier, l’alcool n’a pas toujours été considéré comme une drogue potentiellement dangereuse.

Mais le somnifère idéal n’existe pas : la preuve par l’immensité de la gamme des produits « pour dormir » proposée sur le marché (somnifères,  anxiolytiques, plantes, homéopathies, etc.) : Stilnox, Stresam, Temesta, Dolormyl, Lexomil, Valium, Xanax, Noctamide, Atarax, Noctran, Mépronizine, Théralène, Imovane, Ivadal n’ont pas apporté d’améliorations franchement significatives en termes de tolérance, de dépendance ou d’effets indésirables par rapport aux plus anciens.

Toutes ces molécules provoquent une réduction de l’activité cérébrale. Durant la nuit, elles diminuent la profondeur et la capacité réparatrice du sommeil.
 Cet effet sur le sommeil se cumule, le lendemain, avec l’effet résiduel direct du produit, entraînant un risque de somnolence et une réduction des performances et de la mémoire.

Le consommateur est plongé dans un état de léthargie mais il dort très peu et le stade de sommeil lent est effondré.

L’alcool peut-il être une alternative aux cachets pour dormir ?

L’alcool a longtemps bénéficié d’une bonne réputation vis-à-vis du sommeil. Il n’y a pas si longtemps, on massait avec un peu d’alcool (rhum, eau de vie, calvados…) la peau des enfants au sommeil récalcitrant ! On sait maintenant que cela exposait l’enfant à de graves dangers, mais, de nos jours, le « petit lexo » ou le sirop théralène font malheureusement parfois le même effet.

L’alcool exerce des effets apparemment contradictoires sur les états de conscience. À faible dose, l’alcool est un excitant qui perturbe surtout le jugement et les réflexes. À forte dose, le sujet tombe dans un état proche du coma.

→ En réalité, contrairement à son effet apparemment sédatif, l’alcool interdit le sommeil profond en début de nuit. Un sommeil non plus « profond et réparateur » mais « compensateur » arrive en fin de nuit, quand l’alcoolémie a suffisamment baissé.

Au delà de cette sensation de bon sommeil, il n’en reste pas moins que les sujets ayant bu la veille au soir pour mieux dormir ne se sentent le lendemain qu’encore plus fatigués. C’est donc là encore une illusion thérapeutique…

 

Un cachet pour dormir : Et pourquoi pas du Cannabis pendant qu’on y est ?

Compte tenu de son usage phytothérapeutique dans la plupart des pays du Sud mais aussi en hollande, en Suisse, en Allemagne, au Canada et dans certains états anglo-saxons (comme l’Australie et la Californie), le cannabis ne me semble pas moins légitime que les somnifères ou l’alcool que consomment régulièrement plus d’un quart des habitants des pays occidentaux. Il n’est pas prouvé à ce jour qu’il soit plus nocif que les somnifères ou l’alcool sur la mémoire et les performances par exemple.

En revanche, si sa consommation occasionnelle ne présente pas de risque particulier, la tolérance au produit conduit souvent à un usage régulier qui présente, par contre, de nombreux inconvénients psychologiques et sociaux. Et aussi un immense inconvénient pour la santé de nos poumons car un « pétard » peut théoriquement causer autant de problèmes pulmonaires que 4 à 10 cigarettes ordinaires

 

Conclusion : En tout état de cause, un mauvais dormeur le restera du moment qu’il s’enferme dans la certitude d’avoir besoin d’un produit ou d’un cachet pour dormir. Le piège cognitif et comportemental de l’insomnie conduit à une forme de dépendance psychologique très forte quel qu’en soit le support (lecture, somnifère, plante, alcool, drogue). Ce besoin est un signe de grande vulnérabilité au sommeil.

Aucune substance ne peut se substituer à une bonne compréhension et une bonne hygiène du sommeil.